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Lorsque l’enfant paraît

La Vierge de Loreto, Raphaël
La Vierge de Loreto, Raphaël

Lorsque l’enfant paraît, le cercle de famille
Applaudit à grands cris; son doux regard qui brille
Fait briller tous les yeux,
Et les plus tristes fronts, les plus souillés peut-être,
Se dérident soudain à voir l’enfant paraître,
Innocent et joyeux.

Car vos beaux yeux sont pleins de douceurs infinies,
Car vos petites mains, joyeuses et bénies,
N’ont point mal fait encor ;
Jamais vos jeunes pas n’ont touché notre fange,
Tête sacrée! enfant aux cheveux blonds! bel ange
A l’auréole d’or!

Vous êtes parmi nous la colombe de l’arche.
Vos pieds tendres et purs n’ont point l’âge où l’on marche;
Vos ailes sont d’azur.
Sans le comprendre encor vous regardez le monde.
Double virginité! corps où rien n’est immonde,
Âme où rien n’est impur!

Victor Hugo


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