Zachée et la nostalgie du Bien

zachee_theme_imageJésus va chez ce pécheur; chez cet homme qui exploite le peuple. Mais Jésus guidé par la miséricorde, c’est justement lui (Zachée) qu’il cherchait. Et lorsqu’il rentre chez Zachée il dit : « aujourd’hui, le salut est arrivé pour cette maison, car lui aussi est un fils d’Abraham. »

En effet, le fils de l’homme est venu chercher et sauver ceux qui étaient perdus. Le regard de Jésus va au-delà des péchés et des préjugés.
Cela est important, nous devons l’apprendre. Le regard de Jésus va au-delà des péchés et des préjugés. Il voit la personne avec les yeux de Dieu qui ne s’arrête pas au mal passé mais qui aperçoit le bien futur.
Jésus ne se résigne pas aux fermetures, mais il ouvre toujours de nouveaux espaces de vie.
Il ne s’arrête pas aux apparences, mais regarde le coeur. Et là il a regardé le coeur blessé de cet homme blessé par le péché, blessé par la cupidité, tellement de choses mauvaises que cet homme avait fait. Il regarde ce coeur blessé et c’est là qu’il va.

Parfois nous essayons de corriger, de convertir un pécheur, en lui faisant des reproches, en lui rappelant ses fautes et son comportement injuste. L’attitude de Jésus avec Zachée nous montre un autre chemin. Celui de montrer à celui qui se trompe sa valeur. Cette valeur que Dieu continue à voir malgré tout, malgré toutes les fautes, tous les péchés. Cela peut provoquer une surprise positive qui attendrit le coeur et qui pousse la personne à faire sortir tout ce qu’il y a de bon en lui.
C’est donner confiance aux personnes qui les fait grandir et changer.

C’est comme ça que Dieu se comporte avec nous tous. Il n’est pas bloqué par notre péché, mais il le dépasse avec l’amour, et il nous fait sentir la nostalgie du bien. Et nous tous, nous avons ressenti cette nostalgie du bien après avoir commis une faute. C’est comme cela qu’il fait notre père, Dieu, c’est comme cela qu’il fait, Jésus.

Il n’y a pas de personne qui n’a pas quelque chose de bon. Et c’est cela que Dieu regarde pour le faire sortir du mal.

Que la Vierge Marie nous aide à voir le bon qu’il y a dans les personnes que nous rencontrons chaque jour, afin que tous soient encouragés à faire ressurgir l’image de Dieu gravée dans leur coeur. Et comme cela nous pouvons nous réjouir des surprises de la miséricorde de Dieu. Notre Dieu, le Dieu des surprises.

Angelus du pape François 30/10/2016

« Le publicain… n’osait même pas lever les yeux vers le ciel »

A propos de la parabole du pharisien et du publicain (Luc 18, 9-14.) :     

pharisien-et-publicainQuel est le vase où la grâce se déverse de préférence ? Si la confiance est faite pour recevoir en elle la miséricorde, et la patience pour recueillir la justice, quel récipient pourrons-nous proposer qui soit apte à recevoir la grâce ? Il s’agit d’un baume très pur et il lui faut un vase très solide. Or quoi de plus pur et quoi de plus solide que l’humilité du cœur ? C’est pourquoi Dieu « donne sa grâce aux humbles » (Jc 4,6) ; c’est à juste titre qu’il « a posé son regard sur l’humilité de sa servante » (Lc 1,48). À juste titre parce qu’un cœur humble ne se laisse pas occuper par le mérite humain et que la plénitude de la grâce peut s’y répandre d’autant plus librement…

Avez-vous observé ce pharisien en prière ? Il n’était ni un voleur, ni injuste, ni adultère. Il ne négligeait pas non plus la pénitence. Il jeûnait deux fois par semaine, il donnait le dixième de tout ce qu’il possédait… Mais il n’était pas vide de lui-même, il ne s’était pas dépouillé lui-même (Ph 2,7), il n’était pas humble, mais au contraire élevé. En effet, il ne s’est pas soucié de savoir ce qui lui manquait encore, mais il s’est exagéré son mérite ; il n’était pas plein, mais enflé. Et il s’en est allé vide pour avoir simulé la plénitude. Le publicain, au contraire, parce qu’il s’est humilié lui-même et qu’il a pris soin de se présenter comme un vase vide, a pu emporter une grâce d’autant plus abondante.

Saint Bernard (1091-1153), moine cistercien et docteur de l’Église
3e sermon sur l’Annonciation, 9-1

La prière du pauvre traverse les nuées

Être chrétien, c’est ne même pashumilite arriver à lever les yeux au ciel et cependant, laisser jaillir de son coeur la joie et le regret, la crainte de ne jamais arriver à être saint et l’espoir de le devenir quand même. C’est toucher une statue, faute de mieux, allumer une bougie, pousser un soupir, murmurer un « Je vous salue Marie » ; c’est déverser le fardeau en vrac parce qu’il est devenu trop lourd, c’est tout confier sans ordre, sans méthode, sans précaution.

C’est dire à Dieu : « Je suis là. Prends-moi dans ta miséricorde. J’ai quinze ans, vingt ans, quarante ans, soixante, plus. Je ne sais pas très bien ou j’en suis, ou bien je le sais trop. Mais prends-moi dans ta miséricorde. Je ne suis pas digne de toi, Seigneur, mais sans toi, je ne peux pas avancer. »

Car cette prière-là, cette prière nue, cette prière fondamentale, la plus pauvre qui soit, déchire les nuées et saisit le coeur de Dieu. N’ayez pas peur de votre prière. Laissez-la jaillir librement. Un père n’attend qu’une chose de ses enfants, si loin qu’ils soient de lui : qu’ils l’appellent. Alors, de son coeur touché comme par une lance, jaillit sa force et son amour, et sa joie.

Homélie du Frère Yves Combeau, dominicain
Messe du dimanche 23 octobre 2016
en direct de l’église Sainte-Jeanne-d’Arc
à Rennes (Ille-et-Vilaine)

Le péché n’intéresse pas Dieu

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Il faut le dire avec force : le péché n’intéresse pas Dieu.  Ce qui l’intéresse, c’est toi, c’est moi. Ce qu’il veut, c’est que nous nous tournions vers lui, que nous cherchions sa face, que nous marchions à son pas. Tout ce qui nous retient d’être avec Dieu lui est souffrance. (…) Dieu ne supporte pas que l’homme souffre de honte. Il ne veut pas de ce ver qui ronge à petit feu nos forces et nous rend plus petits que nous-mêmes. Il veut pour nous largesse, hauteur, grande vie. Il veut pour nous la dilatation de la joie, et la honte la rend impossible, alors il la couvre et il ferme les yeux.

Anne Lécu in « Tu as couvert ma honte »
Ed du Cerf

Voir l’invisible

Il y a dans la méditation un paradoxe à propos du regard. On s’entraîne souvent à méditer les yeux fermés, mais c’est pour mieux les ouvrir ensuite sur le monde. Vivre en pleine conscience, c’est prendre le temps de regarder ce que l’on ne regarde jamais.

« Cherche, parmi tous ces objets misérables et grossiers de la vie paysanne, celui, posé ou appuyé et n’attirant point l’œil, dont la forme insignifiante, dont la nature muette peut devenir la source de ce ravissement énigmatique, silencieux, sans limite. » Hugo von Hofmannsthal

Heureux vous qui pleurez maintenant, car vous serez dans la joie

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« Heureux vous qui pleurez maintenant, car vous serez dans la joie ».

C’est ce que dit Jésus dans ses célèbres béatitudes.

Ceux qui ont accepté de persévérer dans la douleur; le doute, dans la nuit ; ceux qui ont franchi les obstacles et continué d’avancer malgré les difficultés, au lieu de tenter de les éviter, ceux-là connaîtront les plus grandes joies.

Non pas à cause d’une quelconque rétribution divine, mais par cette mystérieuse loi de la vie qui fait que l’acceptation de ce qui est ouvre la porte à la joie de vivre.

Frédéric Lenoir

24 heures de méditation planétaire au Grand Rex

Un mois avant la conférence pour l’environnement COP 21 (du 30 novembre au 11 décembre à Paris), des millions de citoyens du monde se retrouveront pendant 24 heures pour méditer. Le rendez-vous parisien aura lieu au Grand Rex, à partir du 1er novembre à 8 heures. Des témoignages et de la musique, pour rappeler que la Terre est sacrée.

© DR

Notre maison commune, la Terre, est en danger. Pour partager cette conscience citoyenne et planétaire, des millions de personnes de différentes nationalités et confessions – 2 260 communautés religieuses, spirituelles ou laïques – se rassembleront le 1er novembre pour des sit-in et des méditations, partout dans le monde. À Paris, ces « 24 h de méditation pour la Terre » auront lieu au Grand Rex, du 1er novembre à 8 h au 2 novembre, même heure.

Les 2 000 personnes présentes pourront profiter de ce temps collectif pour écouter les 24 grands témoins conviés pour l’occasion. Si son emploi du temps le lui permet, Nicolas Hulot introduira l’évènement. Suivront des témoignages et des méditations guidées, de la part de personnalités de renom : le philosophe Edgar Morin, le cheikh Khaled Bentounes, le défenseur des océans Paul Watson, la chamane russe Véra Sazhina, le spationaute Jean-François Clervoy ou encore Phakyab Rinpoché, abbé du monastère bouddhiste d’Ashi et disciple du dalaï-lama. Ce dernier fera d’ailleurs don de sa présence en vidéo, tout comme Amma, grande figure spirituelle hindoue.

La clé de la réussite dépend de chaque citoyen

Qui dit spiritualité dit musique. Les témoignages seront accompagnés par de grands artistes, tels que la violoniste Virginie Robillard, la soprano Brigitte Hool, le pianiste Alexandre Rabinovitch-Barakovsky ou le compositeur-chanteur David Hykes.

Ce projet s’inscrit dans la continuité du Sommet des consciences, du Débat citoyen planétaire sur le climat et l’énergie et d’Alternatiba, le Village mondial des alternatives. Il intervient surtout un mois avant la COP 21, qui se déroulera à Paris du 30 novembre au 11 décembre prochain. Quatre-vingt seize chefs d’États et quatre mille négociateurs chercheront un accord international « contraignant et applicable à tous », afin de faire face aux dérèglements climatiques.

« Cependant, ces négociations ne serviront à rien si elles ne sont pas reprises par les entreprises, la société civile, et bien sûr, par chaque habitant, indique 24earth.org, site de l’évènement. La clé de la réussite ne pourra venir que par les changements de comportements des concitoyens du monde, guidés par leur conscience, guide et moteur de leur engagement. » Cet engagement, chacun peut l’incarner par la méditation. Un acte concret, simple et immédiat. Qu’elle soit laïque ou spirituelle, la démarche permet de prendre conscience du lien de chacun avec les autres et la planète. Nos actes individuels ont des impacts écologiques et sociaux. L’humanité ne pourra s’en sortir sans fraternité.

Matthieu StricotLe Monde des Religions