Il faut passer par le désert

Il faut passer par le désert et y séjourner pour recevoir la Grâce de Dieu; c’est là qu’on se vide, qu’on chasse de soi tout ce qui n’est pas Dieu et qu’on vide complètement cette petite maison de notre âme pour laisser toute la place à Dieu seul.

Les Hébreux ont passé par le désert, Moïse y a vécu avant de recevoir sa mission, saint Paul, saint jean Chrysostome se sont aussi préparés au désert C’est indispensable… C’est un temps de grâce, c’est une période par laquelle toute âme qui veut porter des fruits doit nécessairement passer.

Il lui faut ce silence, ce recueillement, cet oubli de tout le créé, au milieu desquels Dieu établit son règne et forme en elle l’esprit intérieur.

La vie intime avec Dieu, la conversation de l’âme avec Dieu dans la foi, l’espérance et la charité. Plus tard l’âme produira des fruits exactement dans la mesure où l’homme intérieur se sera formé en elle.

Si cette vie intérieure est nulle, il y aura beau avoir du zèle, de bonnes intentions, beaucoup de travail, les fruits sont nuls: c’est une source qui voudrait donner de la sainteté aux autres, mais qui ne peut, ne l’ayant pas: on ne donne que ce qu’on a et c’est dans la solitude, dans cette vie, seul avec Dieu seul, dans ce recueillement profond de l’âme qui oublie tout le créé pour vivre seule en union avec Dieu, que Dieu se donne tout entier à celui qui se donne ainsi tout entier à Lui.

Père Charles de Foucault, Lettre au père Jérôme

Fais-moi connaître ta route

Seigneur, enseigne-moi tes voies,
fais-moi connaître ta route.
Dirige-moi par ta vérité, enseigne-moi,
car tu es le Dieu qui me sauve.

Rappelle-toi, Seigneur, ta tendresse,
ton amour qui est de toujours.
Dans ton amour, ne m’oublie pas.
en raison de ta bonté, Seigneur.

Il est droit, il est bon, le Seigneur,
lui qui montre aux pécheurs le chemin.
Sa justice dirige les humbles,

Psaume 25(24),4bc-5ab.6-7bc.8-9.

Si tu le veux, tu peux

Mon tendre maître, tu es bien l’ami véritable ! Étant tout-puissant, ce que tu veux, tu le peux. Et jamais tu ne manques de vouloir, envers ceux qui t’aiment. Que tout ce qui est ici-bas te loue, Seigneur ! Comment faire retentir ma voix dans tout l’univers, pour annoncer combien tu es fidèle à tes amis ? Toutes les créatures peuvent nous manquer : toi qui en es le maître, tu ne nous manques jamais.

Que tu laisses souffrir peu de temps ceux qui t’aiment ! Ô mon maître, quelle délicatesse, quelle attention, quelle tendresse tu montres envers eux ! Oui, heureux celui qui n’a jamais rien aimé hors de toi ! Il est vrai, tu traites tes amis avec rigueur, mais c’est, je crois, pour mieux faire éclater dans l’excès de la souffrance, l’excès plus grand encore de ton amour. Mon Dieu, que n’ai-je de l’intelligence, du talent, que n’ai-je un langage nouveau, pour parler de tes œuvres telles que mon âme les conçoit ! Tout me fait défaut, mon Seigneur. Mais pourvu que tu ne m’abandonnes pas, moi je ne t’abandonnerai jamais…

Je sais par expérience avec quels avantages tu fais sortir de l’épreuve ceux qui ne mettent qu’en toi leur confiance. Tandis que j’étais dans [une] affliction amère…, ces seules paroles que j’ai entendues… ont suffi pour dissiper ma peine et me mettre dans une tranquillité parfaite : « Ne crains rien, ma fille ; c’est moi, je ne t’abandonnerai pas. Ne crains rien »… Et voici qu’à ces seules paroles, le calme se fait en moi, je me trouve forte, courageuse, rassurée ; je sens renaître la paix et la lumière. En un instant mon âme est transformée.

Sainte Thérèse d’Avila (1515-1582), carmélite, docteur de l’Église
Vie écrite par elle-même, ch. 25 (trad. OC, Cerf 1995, p. 189 rev.)

Habite autrement ta vie !

Vivre l’évangile, ce n’est pas espérer une autre vie —vouloir être autre— mais vivre autrement son existence. Voilà ce que nous dit l’évangile : vis autrement ton désir, ton corps, ta maison, tes relations, tes émotions. Interprète autrement ton existence. Donne-lui de la hauteur. Occupe autrement ta vie à la lumière de l’évangile !

Le monde recherche efficacité et performance ?
L’évangile nous dit :
Habite ta vie avec l’audace de l’incertitude et de l’incomplétude.

Le monde t’invite à davantage de possessions ?
Habite ta vie en accueillant ta propre fragilité et le manque.

Le monde t’invite à faire ce que tu veux ?
Habite ta vie, en intégrant dans ton histoire ce que tu n’as pas voulu,

Le monde cherche de la visibilité et de l’éclat ?
Habite ta vie en cultivant une Présence intime et divine que personne ne peut te prendre.

Le monde voit le temps qui passe comme de l’inéluctable ?
Habite-le comme le lieu de maturation, d’espérance et de liberté.

Le monde recherche pouvoir et maîtrise ?
Habite ta vie avec un réel esprit du service qui n’attend rien en retour.

Bien entendu, tout cela ne changera pas la maladie, ni le cours des événements, ni les personnes qui nous entourent. Cependant, nos choix et chaque geste de bienveillance changeront nos relations, redonneront de la  dignité à ceux qui nous entourent.

Alors, pourquoi attendre encore ? Ne donnons pas aux événements le pouvoir de nous rendre fiévreux et sans espoir.

N’attendons pas d’avoir pour partager.
N’attendons pas d’avoir du temps pour servir.
N’attendons pas d’avoir réussi pour aider,
Ou d’être aimé pour aimer en retour…
Car, à force d’occupations extérieures, on en vient à oublier d’habiter sa vie intérieure, là où demeure Dieu.

Pour celui qui se met à l’école de cet évangile, la vie ne se vivra plus dans la peur et la défensive, la lutte fiévreuse contre les éléments étrangers. Elle se vivra dans la confiance, qui s’extériorise toujours dans le service. Car servir, c’est fondamentalement être libre. « Libre à l’égard de tous, je me suis fait le serviteur de tous » nous dit Saint Paul. Servir, c’est oser exister en accueillant ce que nous n’avons pas choisi. C’est triompher de son égoïsme et mettre son centre de gravité en l’autre, pour lui tendre la main et le relever.

Celui qui habite sa vie de la sorte découvrira la vraie liberté. Car lorsqu’on désire ce que l’on a, on a tout ce qu’on désire.

Fr. Didier Croonenbergs, 4 février 2018 à Profondeville

Salvator Mundi

Léonard de Vinci

Et nous, nous avons vu et nous attestons que le Père a envoyé le Fils comme Sauveur du monde.
1 Jean 4:14

L’ange gardien

Toute souffrance endurée,
Toute parole prononcée,
Tout souhait et toute peur,
Toute joie ressentie,
Mon ange les partage avec moi.

Que ta douce chaleur,
Ô Ange, se remplisse toujours plus
D’une force nouvelle
Issue du Christ qui Lui-même
Va de par le monde en tant qu’Ange

Adam Bittleston
Prières pour notre temps
Editions Iona

L’amour véritable

L’amour véritable et parfait se mesure à la grande espérance et à la confiance que l’on a en Dieu, car aucune chose ne mesure mieux l’amour accompli que la fidèle confiance. La fidèle confiance révèle combien une personne aime l’autre ; et toute la fidèle confiance que l’on ose avoir en Dieu, on la trouve vraiment en lui, et mille fois davantage. De même qu’un homme ne peut jamais trop aimer Dieu, jamais un homme ne pourrait avoir trop de fidèle confiance envers Dieu. Tout ce que l’on peut faire par ailleurs n’est pas aussi avantageux que la grande fidèle confiance envers Dieu. Avec tous ceux qui ont eu grandement confiance en lui, il n’a jamais manqué d’accomplir de grandes choses. Chez tous ceux-là, il a bien montré que cette fidèle confiance a l’amour pour origine, car l’amour n’a pas seulement fidèle confiance, il a aussi un vrai savoir et une certitude exempte de doute.

Maître Eckart

Conseils spirituels

Mon âme a soif de toi

 

Dieu, tu es mon Dieu,
je te cherche dès l’aube :
mon âme a soif de toi ;
après toi languit ma chair,

terre aride, altérée, sans eau.
Je t’ai contemplé au sanctuaire,
j’ai vu ta force et ta gloire.
Ton amour vaut mieux que la vie :

tu seras la louange de mes lèvres !
Toute ma vie je vais te bénir,
lever les mains en invoquant ton nom.
Comme par un festin je serai rassasié ;

la joie sur les lèvres, je dirai ta louange.
Dans la nuit, je me souviens de toi et je reste des heures à te parler.
Oui, tu es venu à mon secours :
je crie de joie à l’ombre de tes ailes.

Psaume 63(62),2.3-4.5-6.7-8.

La Sagesse

 
La Sagesse est resplendissante, elle ne se flétrit pas. Elle se laisse aisément contempler par ceux qui l’aiment, elle se laisse trouver par ceux qui la cherchent.
Elle devance leurs désirs en se faisant connaître la première.
Celui qui la cherche dès l’aurore ne se fatiguera pas : il la trouvera assise à sa porte.
Penser à elle est la perfection du discernement, et celui qui veille à cause d’elle sera bientôt délivré du souci.
Elle va et vient à la recherche de ceux qui sont dignes d’elle ; au détour des sentiers, elle leur apparaît avec un visage souriant ; dans chacune de leurs pensées, elle vient à leur rencontre.

Livre de la Sagesse 6,12-16.

Altruisme

« Nous ne sommes pas chargés d’alourdir la marche des autres, mais de les accompagner avec d’autant plus de bienveillance, de patience et de délicatesse que la route se fait dure pour eux ».

Homélie Mgr Georges Pontier le 5 novembre 2017 à Lourdes