
Giotto
Une lune sanglante au ciel noir sโallumait.
Les oliviers, berรงant une รฉtrange harmonie,
Paraissaient sangloter. Puis, comme une ironie,
Des voix chantaient au loin, tout prรจs lโamour dormait.
Jรฉsus pleurait du sangย ; mais le ciel se fermait,
Laissant se consommer la grande fรฉlonie.
โ Loin de moi ce caliceย !โฆ Ohย ! lโhorrible agonieย !
Le Dieu courbait la tรชte et lโhomme sโabรฎmait.
Dans lโombre des rameaux lโIscariote approche.
Il embrasse son Maรฎtre. Insensible au reproche,
Il saura le livrer comme il a su lโoffrir.
Et maintenant il fuit dans la clartรฉ douteuseโฆ
Il fallait ce baiser dโune bouche menteuse,
Pour que lโamour comprรฎt ce quโil devrait souffrir.
Pamphile Le May
