Or, nous apprenons que certains dโentre vous mรจnent une vie dรฉrรฉglรฉe, affairรฉs sans rien faire.
A ceux-lร , nous adressons dans le Seigneur Jรฉsus Christ cet ordre et cet appel :
quโils travaillent dans le calme pour manger le pain quโils ont gagnรฉ.
Thessaloniciens 3, 11-12
Puis un laboureur dit : ยซย Parle-nous de Travailย ยป.
Car รชtre oisif c’est devenir รฉtranger aux saisons, et s’รฉcarter de la procession de la vie qui marche avec majestรฉ et fiรจre soumission vers l’infini.
Quand vous travaillez, vous รชtes une flรปte, oรน, ร travers son cลur, les soupirs de vos heures se mรฉtamorphosent en mรฉlodie.
Qui parmi vous souhaiterait rester tel un roseau vierge de son, alors qu’autour de vous tout chante ร l’unisson ?
Il vous a toujours รฉtรฉ dit que le travail est malรฉdiction et le labeur un malheur.
Mais moi je vous dis que quand vous travaillez vous ลuvrer ร rรฉaliser une parcelle du rรชve le plus ancien de la terre, qui vous fut attribuรฉ quand naquit ce rรชve,
Et vivre en harmonie avec le travail c’est en vรฉritรฉ aimer la vie,
Et aimer la vie ร travers le travail c’est รชtre initiรฉ au secret le plus intime de la vie.
Mais si dans votre douleur vous appelez la naissance une affliction et le poids de la chair une malรฉdiction inscrite sur votre front, alors sachez que seule la sueur de votre front pourra laver ce qui y est inscrit.ย ยป
Il vous a รฉtรฉ dit aussi que la vie n’est que tรฉnรจbre, et ร chaque fois que vous soupirez de lassitude, vous le rรฉpรฉtez tout bas, en vous faisant l’รฉcho de ceux qui avant vous ont รฉtรฉ las.
Or moi je vous dit que la vie est tรฉnรจbre si elle n’est pas animรฉe par un รฉlan,
Et tout รฉlan est aveugle s’il n’est pas guidรฉ par le savoir,
Et tout savoir est vain s’il n’est pas accompagnรฉ de labeur,
Et tout labeur est futile s’il n’est pas accompli avec amour ;
Et quand vous travaillez avec amour vous resserrez vos liens avec vous-mรชme, avec autrui, et avec Dieu.ย ยป
Et qu’est-ce que travailler avec amour ?
C’est tisser un vรชtement avec des fils tirรฉs de votre cลur, comme si votre bien-aimรฉe devait le porter.
C’est construire une maison avec affection, comme si votre bien-aimรฉe devait y habiter.
C’est semer des graines avec tendresse et rรฉcolter la moisson avec joie, comme si votre bien-aimรฉe devait en manger le fruit.
C’est insuffler en toutes choses que vous faรงonnez un zรฉphyr de votre esprit,
Et savoir que tous les morts bienheureux se tiennent auprรจs de vous et vous regardent.
Je vous ai souvent entendu rรฉpรฉter, comme si vous balbutiiez dans votre sommeil : ยซย Celui qui travaille le marbre, et dรฉcouvre la forme de son รขme dans la pierre, est plus noble que celui qui travaille la terre.
Et celui qui saisit l’arc-en-ciel et parvient ร le coucher sur sa toile sous forme de portrait d’homme, est plus honorable que celui qui fabrique des sandales pour nos pieds.ย ยป
Mais je vous rรฉponds, non pas dans mon sommeil mais au zรฉnith de mon รฉveil, que le vent ne murmure pas au chรชne gรฉant des mots plus caressants que ceux qu’il adresse au plus frรชle des brins d’herbe;
La grandeur rรฉside en celui qui transforme la voix du vent en une mรฉlodie rendue plus suave par son propre amour.ย ยป
Le travail est l’amour rendu visible.
Et si vous ne pouvez travailler avec amour mais seulement avec rรฉpugnance, mieux vaut abandonner votre travail et vous asseoir ร la porte du temple, demandant l’aumรดne ร ceux qui ลuvrent avec joie.
Car si vous pressez le pain avec indiffรฉrence, votre pain sera amer et n’assouvira qu’ร moitiรฉ la faim de l’homme.
Et si vous pressez les grappes de raisin ร contre coeur, vous distillerez le poison de votre rancลur dans le vin.
Et mรชme si vous chantez comme des anges, sans รชtre pour autant passionnรฉ de chant, vous rendrez l’homme sourd aux voix de jour et aux voix de la nuit.ย ยป
