Existe-t-il une musique des astres ?

France Culture, ร‰mission Science publique, 17 janvier 2014

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Rares sont les films de science-fiction dans lesquels on n’entend pas le vrombissement des vaisseaux spatiaux dans l’espace ou le son strident des tirs de missiles et autres armes laser… Le premier cinรฉaste, semble-t-il, ร  avoir respectรฉ le silence spatial est Stanley Kubrick avec 2001 l’Odyssรฉe de l’espace en 1968. Une rigueur scientifique qui s’est transformรฉe en audace cinรฉmatographique efficace car, dans le silence total, certaines scรจnes de ce film culte ont gagnรฉ en intensitรฉ dramatique. Pourtant, l’association intime entre espace et bruit ou musique ne date pas du cinรฉma. Elle remonte ร  l’Antiquitรฉ et ร  ses philosophes pour lesquels l’harmonie du cosmos trouvait un รฉcho naturel dans celle de la musique. Longtemps, cette approche de l’univers cรฉleste, baptisรฉe musique des sphรจres, n’a รฉtรฉ considรฉrรฉe que comme philosophique ou artistique. Mรชme si l’astronome allemand Johannes Kepler, dรฉcouvreur des orbites elliptiques des planรจtes autour du Soleil, restait fidรจle ร  l’idรฉe d’un concert perpรฉtuel du systรจme solaire.

Tout a changรฉ en 1962 avec la publication d’un article รฉcrit par trois astrophysiciens amรฉricains au sujet de leurs observations du Soleil. Ils avaient alors dรฉcouvert des mouvements รฉtranges dans l’atmosphรจre de notre รฉtoile. En 1970, un autre astrophysicien amรฉricain, Roger Ulrich donne une explication ร  ce phรฉnomรจne. Pour lui, ces mouvements de vibration ร  la surface du Soleil sont des ยซ ondes acoustiques stationnaires piรฉgรฉes ยป. Ainsi, le Soleil produit une musique intรฉrieure qui reste confinรฉe dans sa sphรจre. Mais il est possible de les dรฉtecter grรขce aux vibrations visibles ร  sa surface. Troublante dรฉcouverte de la rรฉalitรฉ physique de la musique des sphรจres des philosophes antiques.

Voilร  donc le Soleil transformรฉ en une source sonore trรจs prรฉcise puisqu’il s’agit d’un sol diรจse… Autre paradoxe de l’astrophysique, nous n’entendons pas cette note mais nous la voyons grรขce ร  des instruments trรจs prรฉcis. Et si toutes les รฉtoiles du cosmos produisaient leur propre note de musique ? Et si cette note rรฉvรฉlait des informations prรฉcieuses sur leur รขge, leur composition et leur masse ? Le concert cรฉleste prendrait alors une signification scientifique tout en restaurant l’idรฉe de l’harmonie cosmique rรชvรฉe dans l’Antiquitรฉ.

Ces dรฉcouvertes fascinantes ont inspirรฉ une astrophysicienne de l’Institut de recherche en astrophysique et en planรฉtologie, Sylvie Vauclair, et un musicien, Claude-Samuel Lรฉvine. Ils viennent de publier ensemble un livre intitulรฉ ยซ La nouvelle musique des sphรจres ยป, aux รฉditions Odile Jacob.

 

 


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