Suis-je ici vraiment ? Suis-je parvenu si haut ?
Paix grande et naรฏve et splendeur avant-derniรจre,
Touchant au chaos oรน le Ciel qui plus n’espรจre
Se referme et bat comme une ronde paupiรจre.

Comme le noyรฉ affleurant l’autre surface
Mon front nouveau-nรฉ vogue sur les horizons.
Je pรฉnรจtre et vois. Je participe aux raisons.
Je tiens l’empyrรฉe, et j’ai le Ciel pour maisons.

Je jouis ร  plein bord. De tous mes esprits. J’irrite
Mes sens รฉlargis au-delร  des sens, plus vite
Que l’esprit, que l’air. Je me rรฉpands sans limites,
J’รฉtends les deux bras : je touche aux deux bouts du Temps.

Victor SEGALEN (1878-1919)


Publiรฉ le

dans

Mots-clรฉs :