Les femmes sont sur la terre


Les femmes sont sur la terre
Pour tout idรฉaliser ;
L’univers est un mystรจre
Que commente leur baiser.

C’est l’amour qui, pour ceinture,
A l’onde et le firmament,
Et dont toute la nature,
N’est, au fond, que l’ornement.

Tout ce qui brille, offre ร  l’รขme
Son parfum ou sa couleur ;
Si Dieu n’avait fait la femme,
Il n’aurait pas fait la fleur.

A quoi bon vos รฉtincelles,
Bleus saphirs, sans les yeux doux ?
Les diamants, sans les belles,
Ne sont plus que des cailloux ;

Et, dans les charmilles vertes,
Les roses dorment debout,
Et sont des bouches ouvertes
Pour ne rien dire du tout.

Tout objet qui charme ou rรชve
Tient des femmes sa clartรฉ ;
La perle blanche, sans Eve,
Sans toi, ma fiรจre beautรฉ,

Ressemblant, tout enlaidie,
A mon amour qui te fuit,
N’est plus que la maladie
D’une bรชte dans la nuit.

Victor Hugo


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